Afrique

Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un septième mandat présidentiel

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni a été officiellement réélu pour un septième mandat à l’issue de l’élection présidentielle organisée le 15 janvier dernier, selon les résultats proclamés par la Commission électorale nationale. Au pouvoir depuis 1986, le chef de l’État consolide ainsi une longévité politique sans équivalent dans l’histoire contemporaine du pays.

D’après les chiffres officiels, Museveni a obtenu environ 71,6 % des suffrages, devançant largement son principal adversaire, Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, crédité d’environ 24,7 %. Le taux de participation est estimé à près de 52 %, un niveau jugé relativement faible par rapport aux précédents scrutins nationaux.

La campagne et le déroulement du vote se sont déroulé dans une situation politique tendu avec de problèmes sécuritaires. Les autorités ont notamment imposé un blackout partiel de l’internet avant et pendant le scrutin, une mesure officiellement justifiée par des impératifs de sécurité nationale, mais largement critiquée par l’opposition et les organisations de défense des droits civiques.

Des observateurs locaux et internationaux ont fait état d’arrestations ciblées, d’intimidations et de limitations des activités de l’opposition, des accusations fermement rejetées par le gouvernement, qui affirme avoir garanti un processus électoral « libre, crédible et transparent.

Dès l’annonce des résultats, Bobi Wine a dénoncé une élection qu’il qualifie de « frauduleuse », accusant les forces de sécurité d’avoir perturbé la campagne de ses partisans et d’avoir faussé la compétition électorale. Il a indiqué se réserver le droit de saisir les voies légales, tout en appelant ses soutiens au calme.

La résidence du candidat de l’opposition est restée sous surveillance policière renforcée au lendemain du scrutin, un geste qui alimente les critiques sur l’espace démocratique et les libertés politiques en Ouganda.

Âgé de 81 ans, Yoweri Museveni est l’un des dirigeants africains les plus anciens en exercice. Son maintien au pouvoir a été rendu possible par des réformes constitutionnelles successives, ayant notamment supprimé les limites d’âge et de mandats présidentiels. Le président met en avant ses réalisations en matière de stabilité sécuritaire, de croissance économique et d’intégration régionale, des arguments qui continuent de mobiliser une partie importante de l’électorat .

Sur le plan international, plusieurs États et organisations régionales, dont l’Union africaine, ont adressé leurs félicitations au président réélu, saluant la tenue du scrutin tout en appelant au dialogue politique et au respect des droits fondamentaux. À l’inverse, certaines capitales occidentales et ONG ont exprimé leurs préoccupations quant au climat électoral et aux libertés publiques.

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